Il était une fois la muse de Trois-Bassins au collège Ravine des cabris …

Dans le cadre de la Commémoration de l’abolition de l’esclavage du 20 décembre 2018, les élèves de 5ème La Bourdonnais ont réalisé en cours d’EMC une exposition de panneaux rendant compte du parcours particulier de femmes et d’hommes ayant marqué l’histoire et la culture réunionnaises : Juliette Dodu, Célimène Gaudieux, Edmond Albius, Anchaing, Cimandef, Raharianne.

La présentation des panneaux en classe entière a donné lieu à un vote qui a déterminé quelle figure réunionnaise donnerait son nom à l’actuelle 5ème  La Bourdonnais. 

Ces personnalités ont ensuite servi de base à un jeu de rôle en allemand et à la création d’avatars.

Les élèves se sont majoritairement exprimés pour la poétesse CELIMENE GAUDIEUX qui donnera ainsi son nom à la prochaine rentrée à une classe de 4ème.

Portrait de Célimène Gaudieux, la muse de Trois-Bassins :

Marie Monique, dite Célimène, est née à Saint-Paul le 20 avril 1807.Elle est la fille de Candide, une esclave créole.
Deux mois après sa naissance, elle est achetée, avec sa mère, par un cultivateur de La Saline, Louis Edmond Jean (ou Jeance).
Affranchie le 14 novembre 1811, en même temps que sa fille, Candide épouse Louis Edmond Jeance le 26 avril 1830.
Ce dernier, né à Saint-Paul le 28 septembre 1789 est lui aussi d’origine affranchie.
Le 3 octobre 1839, Célimène épouse un ancien gendarme, Pierre Gaudieux, âgé de 24 ans et originaire de la Dordogne. Le couple s’installe à la Saline, sur la route de Trois Bassins, où ils tiennent une auberge, relais d’étape entre Saint-Paul et Saint-Leu. C’est le lieu de rendezvous des voyageurs qui empruntent la route nationale reliant le nord au sud de l’île.
    
Dans son auberge baptisée « Hôtel des hommes d’esprit, les imbéciles doivent passer sans s’y arrêter», Célimène distrait les voyageurs, par des chansons souvent composées à partir de ses propres poèmes, qu’elle interprète en s’accompagnant de sa guitare.
Célimène est une femme d’une vive intelligence. Elle écrit aussi bien en vers qu’en prose, en français et en créole, ce qui est très méritoire, car elle n’a pas fréquenté l’école en raison de son statut d’esclave. Ses vers sont dit-elle « à tort et à travers ». Sans césure, ni élision, ils riment seulement pour l’oreille.
Sa renommée dépasse bien vite le cadre de son village de La Saline. Les voyageurs venant de Saint-Denis ou de Saint-Pierre ne manquent jamais de s’arrêter chez elle.
Symbole de la poésie populaire réunionnaise, Célimène s’éteint à Saint-Paul le 13 juillet 1864.